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As-tu ton Gérard?

     Parfois, dans la vie, on croise des gens qui nous inspirent. Ce sont des personnes que l’on connaît personnellement… ou pas. Ce sont des athlètes ou des artistes professionnels, des personnalités publiques ou encore des gens de notre quotidien, avec un petit quelque chose de plus. Ce sont parfois des gens tellement passionnés qu’ils nous donnent le goût de nous dépasser, simplement en les écoutant nous parler de leur passion. Ce sont parfois aussi des personnes qui ont simplement le courage d’aller au-delà de la routine pour atteindre l’objectif qu’ils se sont fixé. Homme, femme, jeune ou vieux, ces personnes nous motivent souvent sans le savoir, et encore moins le vouloir. Ils ne font qu’être eux-mêmes, et c’est ce qui les rend encore plus inspirants.

    Dernièrement, je me rends à mon gym habituel et je tombe sur un pote coureur. Un gars que j’apprécie beaucoup et avec qui j’ai eu la chance de courir plusieurs kilomètres dans le passé. Nous arrivons en même temps, donc, au moment de se changer dans les vestiaires, on prend le temps de se mettre à jour dans nos potins. On parle de course, évidemment, et comme Gérard est une personne qui a réalisé beaucoup de projets de course impressionnants, je lui demande à la blague quelle est sa prochaine épreuve…

    Il est important de faire une pause ici. Gérard n’est pas son vrai nom. Mais Gérard n’aime pas attirer l’attention. Donc je ne le nommerai pas, mais croyez-moi sur parole : vous avez tous envie de prendre un café avec Gérard pour qu’il vous raconte ses aventures.

    Gérard m’explique qu’il part bientôt pour faire une course de plus de 1 500 km, dans un endroit particulièrement inhospitalier, et qu’il a près d’un mois pour réaliser le parcours . Non ce n'est pas une blague et oui… vous avez bien lu : plus de 1 500 km. Faire cette distance en auto est un défi. Imaginez à pied ! Il me raconte sa préparation physique et mentale, les défis auxquels il fera face. Il m’explique qu’il a déjà tenté cette course auparavant, mais qu’il n’avait réussi à faire que la moitié. (Pfff… que la moitié… genre 750 km… pfff. Gérard, t'aurais pu te forcer 😉) Il me raconte comment s’est passée l’expérience, les enjeux et les défis qu’il a rencontrés, mais aussi les moments magiques.

    Je vous entends déjà : ce type de course est trop long, c’est imprudent, ça ne sert à rien, etc. J’ai déjà entendu ces commentaires pour des projets que j’ai moi-même réalisés, donc je vous laisse digérer l’info et porter les jugements que vous voulez pendant deux minutes. 

    Maintenant que votre émotion est passée, discutons un peu.

    Ce Gérard s’entraîne depuis près d’un an pour ce défi. Il fait attention à lui, mange bien, bouge et surtout, il s’est fixé un objectif et met les moyens en place pour l’atteindre. De plus, il ne faut pas oublier que pour arriver à réaliser ce genre de projet, il a des années d’expérience dans les semelles. Il faut donc relativiser la situation. À titre d’exemple, avant de tricoter un gilet, je vais commencer par une débarbouillette ! (Est-ce qu’on peut faire des débarbouillettes en tricot ?)

    Il faut aussi savoir que ce type de défi n’est pas que physique, mais aussi très psychologique. Sur la ligne de départ, au moment du coup de fusil, il partira dans une aventure où il devra affronter la fatigue, les blessures, l’inconfort, l’ennui. Il partira aussi vers une aventure où il devra s’émerveiller, se dépasser, profiter du moment et de la chance qu’il a d’y être. Car oui, c’est une chance de pouvoir réaliser ce genre d’objectif !

Après avoir discuté près de 30 minutes dans le vestiaire, nous avons convenu qu’il serait maintenant temps d’aller s’entraîner ! Nous nous sommes donné rendez-vous pour une bière avant son départ. Ensuite, nous sommes partis séparément faire nos grimaces devant les miroirs, en faisant des mouvements pas vraiment élégants, mais peut-être utiles pour avoir des corps de dieux grecs (disons comme Dionysos).

En revenant chez moi, j’ai réalisé à quel point Gérard m’inspirait et me donnait le goût de réaliser mon objectif de course. J’ai aimé sa passion, sa vision du projet, sa persévérance. Gérard, sans le savoir, m’a inspiré à continuer à m’entraîner.

Des Gérards, nous en avons tous. Je crois qu’il nous en faut tous. L’objectif n’est pas de leur ressembler, ni de faire comme eux. Mais simplement de se laisser rêver et de se permettre de se fixer des objectifs selon nos capacités et notre réalité, comme eux le font.

Et vous, avez-vous votre Gérard ?

P.S. Bonne course Gérard, prends soin de toi l’ami, et en espérant que ton aventure soit grandiose et à la hauteur de tes espérances.












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