Depuis que j’ai recommencé à m’intéresser à la course, mon Facebook me propose plein de pages, de contenus et d’équipements liés à la course à pied.
Je me laisse influencer consciemment par mon algorithme, en sachant que plus je clique sur le sujet, plus on m’en pousse. Mais soyons honnêtes : je préfère me laisser « polluer » par quelque chose de positif comme la course à pied que par des influenceurs qui me disent « subtilement » quoi consommer comme produit antirides. PS : allez chier, ce ne sont pas des rides, c’est de l’expérience…
Donc, parmi ces propositions, il y a un balado : #passortidubois. Je réalise qu’il y a plus de 260 épisodes et que le sujet traite principalement de course en sentier. Pour ceux qui l’ignorent, j’ai un bagage plus qu’acceptable en course en sentier. Ce type de balado pique donc ma curiosité.
Je suis en déplacement vers la grande métropole et je décide de me taper tous les épisodes au cours de la prochaine année, en commençant par le premier, maintenant. Il a été enregistré en 2020 et on y fait la rencontre d’une espèce d’extraterrestre, Guillaume Barry, qui s’est découvert un talent pour la course en sentier. Le gars est vraiment surprenant d’humilité et j’adore son approche de la course.
Je ne ferai pas l’éloge de ses réalisations, car honnêtement, ce n’est pas ce qui m’a marqué, malgré sa force. C’est plutôt sa passion de se dépasser. Sa passion de se battre contre soi-même, mais surtout d’avoir un équilibre dans la course, malgré les distances qu’il franchit.
Mais ce qui m’a parlé plus profondément dans ce balado, c’est le rappel du plaisir de se dépasser, d’aller dans la zone d’inconfort et, surtout, le plaisir de faire quelque chose pour soi, sans prendre en compte le résultat sur le podium, mais plutôt célébrer l’aventure et la découverte.
Je me suis rappelé le bonheur des odeurs dans le bois, la fraîcheur du matin brumeux ou de la pluie qui nous détrempe, et la joie de s’autoriser à piler dans un trou de bouette en riant, sachant que le pire qui arrivera, c’est le lavage après la course. Je me suis rappelé que la course est, à la base, un mouvement de marche accélérée et qu’au-delà de la compétition contre les autres, il y a, à un moment, un sentiment de zénitude qui émerge simplement du fait d’être seul avec soi-même. Je me suis rappelé que la course est un choix et non une obligation, et que pouvoir courir est une chance.
Toute cette réflexion faisait son chemin dans ma tête pendant que je roulais.
Serais-je capable de m’inscrire à une course pour le plaisir et accepter de le faire pour le simple bonheur d’être dans le bois? Serais-je capable de me mettre en situation d’échec probable, d’accepter d’abandonner si je ne suis pas capable de terminer, sans me sentir mal? Mais surtout, serais-je capable de passer par-dessus tout cela pour simplement profiter du moment, de la bouette et de la douleur (parce que ça fait partie de l’aventure)? Serais-je « game » de m’inscrire à une course trop exigeante pour mon niveau de préparation, avec un grain d’espoir de quand même pouvoir la terminer…
J’arrive dans un pub, je me prends une bière et je poursuis ma réflexion. Et je commence à fouiller les trails en mai et en juin…
Et tout d’un coup… BANG!
Je reçois un courriel qui me confirme mon inscription au 21 km en sentier à Rimouski, en mai : le Trail du Canyon des Portes de l'Enfer (Série Trails Québec).
C’est vraiment étrange. Tout d’un coup, comme ça. Un peu comme quand un sac de chips tombe « par hasard » dans son panier d’épicerie… 😉
J’ai décidé qu’au mieux, je finirais dernier et qu’au pire, j’abandonnerais. J’ai décidé que j’aurais probablement mal, mais que j’aurais une histoire à me rappeler et à raconter.
Je me suis inscrit en sachant que, selon les programmes, les standards et la culture populaire, je ne serais pas prêt pour ce genre d’épreuve. Mais j’ai décidé qu’au-delà de la performance, des programmes d’entraînement et de l’image qu’on s’attend d’un(e) coureur(e), il y a moi : le gars qui se donne un défi et qui acceptera ce qui vient avec.
Donc, j’ai appuyé sur « envoyer » et voilà, je suis inscrit.
J’ai maintenant un objectif à long terme avec le marathon de Québec et un objectif à court terme avec le 21 km des Portes de l’Enfer (j’ai le feeling que le nom de la course représente exactement comment je vais me sentir à un certain moment de l’épreuve!).
Alors d’ici là, je m’adresse à la gang de débutants, de craintifs, de douteux et de soucieux de l’image qu’ils projettent : foncez!
Le pire qui vous arrivera, c’est de manquer votre coup. Et alors? Vous recommencerez et réussirez la fois suivante.
Ciao!
Photo de Jukka Aalho sur Unsplash
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