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Aventure au mont Katahdin

 

Mise en garde :

1     Ceci n’a pas été écrit avec l’IA (ce serait bien mieux écrit si c’était le cas)

2.      Tout ce qui est écrit est véridique…Je vous le jure!

3.      Ce billet est plus long que ceux que j’ai l’habitude d’écrire, mais je crois qu’il en vaut la peine.

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Je vous mets tout d’abord en contexte. Je ne sais pas pour vous, mais je me doute bien que votre vie va aussi vite que la mienne. Et parfois, ça fait du bien de se retrouver seul, face à son nombril, pour prendre le temps de souffler un peu et tout simplement ne pas avoir d’autres responsabilités que celle de choisir la couleur de ses bas.

Donc, je décide il y quelques que semaines du prendre du temps pour moi. Rien de bien long ou compliqué. Juste décrocher. Je cherche ce qui me ferait du bien et souvent dans de tel cas, cela se résume à faire une petite expédition dans la nature. Je fouille un peu, sachant qu’il faudrait que ça implique du camping et de la randonnée. Et tout à coup : BAM! Je vais réaliser un projet de ma bucket List, celle-ci comprenant 50 objectifs. Ma destination sera l’ascension du Mont Katahdin et une balade sur le Knife Edge à son sommet.

Pour les stats, le Mont Katahdin, 1 400 mètres d’altitude est la plus haute montagne du Maine. Le Knife Edge quant à lui est une étroite crête d’environ 1,8 km de long qui relie le sommet Pamola au sommet Baxter. Vous verrez des photos plus loin gang d’impatients. Mais pour l’instant, il est important de se rappeler que le Knife Edge est sur ma Bucket List. Rien de bien long ou compliqué comme je disais…

La préparation :

Première étape, réserver le camping. Pour monter le Katahdin, il faut soit dormir en camping la veille ou réserver son passage journalier à l’avance. Les autorités veulent limiter le nombre de cabochons (oups, de randonneurs) qui passent dans une année afin de préserver la montagne. Comme je suis à la dernière minute, il ne reste plus d’espace de camping et toute les passes journalières sont prises. Seule possibilité, dormir dans un Bunk House, c’est-à-dire un petit chalet avec un table et des couchettes. Il y a environ 10 couchettes dans ce refuge, il y a fort à parier que je ne serai pas seul. J’avoue ne pas trop avoir de goût de me faire de nouveaux amis, mais c’est le seul moyen de faire la montagne donc je réserve. Première mauvaise idée.

Deuxième étape, définir le trajet que j’emprunterai pour me rendre au sommet. Je questionne un ami, je fouille UN PEU sur les internet et décide que l’ascension se fera par le sentier Chimney Pound, suivi de Cathédral pour redescendre par Dudley Trail. Deuxième mauvaise idée.

Troisième étape, définir l’itinéraire que j’emprunterai pour me rendre à la montagne. Quelle route, quelle douane etc… Pour sauver du temps, je décide de passer par une douane située à St-Zacharie en Beauce. Vous ne connaissez pas, c’est normal. Troisième mauvaise idée…

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            Je pars lundi matin dans ma rutilante Dodge Caravan avec mon volant léopard. Rappelez vous que tout ce qui est écrit ici est vrai, même le volant! 😉. Il fait beau, la musique est bonne et mon café est chaud. Je suis fébrile à l’idée de pouvoir monter cette montagne et mettre un crochet sur ce projet. J’ai hâte de voir le point de vue, j’ai hâte de sentir l’air frais et je suis heureux de pouvoir me permettre ces 2-3 jours de congés, loin de l’agitation du quotidien. Je me surprends à sourire tout seul, sans raison, ce qui me fait du bien.

            J’arrive près de St-Zacharie et j’emprunte la route qui se nomme : le chemin de la frontière. Pas de chance que je me sois trompé! Mais chose étrange, plus j’avance sur le chemin, plus celui-ci devient cahoteux. Tout d’un coup, l’asphalte laisse place à une route de terre. Étrange. Je continue d’avancer sur ce chemin de terre et arrive au poste frontalier… Je recommence…Je continue d’avancer sur ce chemin de terre et j’arrive à une cabane blanche qui ressemble plus à un camp forestier qu’une douane. Le douanier sort de la cabane…je recommence…le Dude, chandail sorti de ses pantalons, la barbe moyennement faite, et un grand sourire accroché jusqu’au oreilles, sort de la cabane. Celle-ci est du côté passager et le Dude ne fait pas le tour de l’auto. Il me fait signe de descendre ma vitre. Le gars est vraiment sympathique. Il est environ 13h et il m’explique que je suis son 3ème client de la journée. Il me demande où je vais et nous échangeons. Je le questionne sur l’état du chemin, qui me préoccupe un peu. Il me confirme que c’est un chemin de terre pendant un bon bout, il ne sait pas jusqu’où c'est en terre et me demande si mon van est 4 x 4. Ouin…pas certain que j’ai vraiment le goût de prendre la chance de risquer de rester pris pour sauver 1h. Je décide alors de repartir pour passer à la frontière de Jackman. Note à moi-même, il y une option : éviter les routes non-pavées dans mon appli à utiliser la prochaine fois. J’arrive à la douane, tout se passe bien et je file jusqu’à mon camping.

 

Quelques cafés plus tard, j’arrive vers 17h au refuge. Un jeune homme, Soufiane, est déjà installé. Nous discutons un peu et il me raconte qu’il ne s’est pas rendu en haut de la montagne dans la journée, qu’il va retenter le coup le lendemain. Une femme d’environ 30 ans arrive. Nous échangeons les 3 quelques banalités pendant que je mange mon repas lyophilisé, un risotto aux champignons avec une IPA du Maine. Le risotto est dégueu et en plus je l’ai mal préparé. La bière est acceptable, mais sans plus. Je prépare mon stock pour le lendemain, je lis un peu et me couche. Le sommeil est moyen, et je vous confirme que j’ai vraiment essayé de ne pas avoir à sortir pour aller faire pipi. Mais rendu à 3h du matin, je n’en pouvais plus. Eurk, y faisait frette !!!!

 

5h, notre coloc féminine se lève pour préparer son matériel. Ah, la joie de la vie en commune. Je décide donc de me lever à 5h30 pour déjeuner et me préparer à partir. Encore un repas en sac, de la croustade aux pommes. Tellement sucrée et liquide qu’elle me tombe sur le cœur au bout de 5 bouchées. Je la jette. J’ai une petite salade de fruit qui fait le job, mais si vous comptez bien, ça ne fait pas beaucoup de calories depuis la veille avant de monter une montagne.

Bravo Carl pour ta préparation, et le fait d’avoir tester ta bouffe avant de partir!

6h55, je signe la feuille au départ du sentier en indiquant le chemin que je compte emprunter. Le Ranger sur place m’indique que si je souhaite faire le Knife Edge, il faut que je sois rendu au sommet à maximum 12h30. Parfait, j’estime avoir à parcourir environ 6km, la distance qui me sépare du sommet, et ce en 5h ce qui me laisse du temps. Rien de trop terrible!

Bravo Carl pour ta préparation, et le fait d’avoir bien étudié les sentiers que tu souhaites emprunter!

C’est parti. La température est vraiment parfaite, la journée est ensoleillée et encore une fois, je souris comme un épais. Je débute le sentier qui est très rocheux, mais rien de terrible à marcher. Il faut simplement regarder à quel endroit on met les pieds. J’arrête à un point de vue magnifique. Voici la photo. Vous comprendrez que tout augure pour une belle journée avec un si beau paysage!




            Rendu à la jonction du sentier de Chimney et Cathedral, un autre Ranger est présent. Celui-ci m’explique que c’est le dernier endroit où il y a de l’eau que je peux traiter avant le sommet. Après, plus rien. Il me demande si je sais qu’à partir de maintenant, le sentier Cathedral sera composé de grosse roches (Boulder) et que souvent je devrai utiliser mes mains pour monter, escalade style! Il m’avise aussi qu’une fois parti dans ce sentier, après environ 200-300 mètre d’ascension, ce serait plus dangereux de redescendre que de continuer à monter. Oui oui, pas de problème, mon 2e nom est Spiderman…

            L’aventure commence alors pour vrai. Ce sont des roches. Des grosses roches. Au fur et à mesure que je monte, je prends la mesure de la difficulté. Je me suis peut-être surestimé un peu, beaucoup. Ça monte en criss! Juste des roches avec des lignes bleues peintes sur le dessus pour indiquer le sentier. Ok, on va arrêter de dire sentier, on va appeler ça un projet!

Je monte 200 mètres et me dit que je suis capable. Il faut parfois que je prenne des pauses pour étudier comment je vais escalader cette partie ou l’autre. Mais tout va bien. Les prises pour mes mains sont bonnes, mes souliers ne glissent pas et comme j’ai déjà fait un peu d’escalade, tout est sous contrôle. Seul problème, mon ascension est lente. Je commence à avoir des doutes sur ma capacité d’arriver à temps pour faire le Knife Edge. Mais je garde espoir.

Au bout d’une heure, je commence à me sentir fatigué. Je prends des pauses de plus en plus souvent, mes jambes et le haut de mon corps étant toujours sollicité, je n’arrive pas à reprendre mon souffle. À un certain moment, je deviens super étourdi et j’ai mal au cœur. Dans le sentier où je me trouve, et dans l’état dans lequel je me sens, je commence à avoir moins de plaisir. Il est trop tard pour redescendre et je commence à manquer de gaz. Je me suis apporté quelques barres énergétiques, je décide de prendre une vraie pause, manger un peu (le manque de calorie expliquant probablement mon état), et boire juste un peu, pas trop car il n’y a plus d’eau… Et la barre énergétique me donne encore plus mal au cœur.

On dirait que je me trouve un peu seul à ce moment…Je voulais n’avoir qu’à m’occuper de mes bas, hé bien je suis servi!

Comme je n’ai pas d’autres choix que de monter, je me fixe de petits objectifs de quelques mètres de montée (merci Fred Dion et ton livre : Survivre avec l’Antidoute). Une fois arrivé à mon objectif, je m’assoie, respire et recommence. Mais je commence sérieusement à douter de ma capacité de réussir à me rendre à temps au sommet.

La montée continue. J’ai repris mes esprits, la barre énergétique, bien que trop sucrée, m’a fait du bien et les étourdissements sont passés. J’avance, lentement mais sûrement.

Après encore quelques centaines de mètres, les crampes se mettent de la partie. Cuisses, mollets, bas du dos et entre les côtes (oui ça ce peut)! J’ai quasiment peur d’avoir des crampes aux oreilles tellement j’en ai partout. Je ne vous mentirai pas, je commence à en avoir plein mon casque et je n’ai pu vraiment de plaisir. Seul réconfort, lorsque je prends des pauses, la vue est exceptionnelle. 





Et le combat débute. Il me reste environ 1km à faire. Je suis complètement éclaté. Mon corps me traite de cave, ma raison me dit que j’ai pris une décision de cabochon en venant ici en étant aussi mal préparé, et mon cœur se tord de penser que je suis si près et si loin de réaliser mon objectif.  Ce dernier tente de convaincre les 2 autres que c’est encore possible.

Plus je monte, moins j’y crois. Sur mon application permettant de suivre mon évolution dans le sentier, je constate qu’il y a une jonction qui arrive sous peu que je pourrai prendre pour redescendre. Fuck, le sommet, fuck le Knife Edge, fuck l’objectif. C’est décidé, lorsque j’arrive à la jonction, je redescends. C’était tout de même supposé être un projet relax pour décrocher et prendre du temps pour moi !

Je finis par arriver à la jonction tant attendue. Rendu à ce point, il me reste 300 mètres à parcourir pour atteindre le sommet. Le sentier est moins escarpé et bien qu’il soit rocheux, celles-ci sont plus petites, ce qui me permet d’avancer plus facilement et sans escalade. Évidemment, pour 300 mètres, je ne peux pas abandonner si près du but! En plus c’est tellement plus facile !!! (Oui, c’est de l’ironie)

Alors je continue. Direction Baxter Peak, sommet du mont Katahdin! La vue est à couper le souffle. Entre vous et moi, c’est haut mais c’est beau!

Petite ombre au tableau, je sais que je vais arriver au sommet vers 13h30. 1h trop tard pour faire le Knife Edge de façon sécuritaire et être certain de toujours être de clarté.

Ça y est, j’y suis. Le somment du mont Katahdin. 

Je m’assoie sur une roche, les yeux pleins d’eau derrière mes lunettes soleil. J’y suis arrivé, je suis content. Mais me risquer sur le Knife Edge serait le summum des mauvaises décisions dans ce projet. Je ne crois plus avoir l’énergie ni le temps pour m’y aventurer. Ce sont plein de sentiments qui se bousculent. J’y suis arrivé, mais à moitié. Mon égo me pousse sans cesse à tenter le coup, mon corps me l’interdit formellement et ma raison me dit que j’aurais plus à perdre qu’à gagner en tentant le sentier. Décision prise, tant pis pour la bucket List. Une fois l’émotion passée, je prends le temps de savourer la beauté de ce paysage. Je me sens choyé d’avoir la possibilité de faire ce genre de trip et je profite de ce que peu de gens verront de leurs yeux.

Le fameux Knife Edge



L’heure du retour est arrivée. Car il ne faut pas oublier le boute plate qu’est la descente! Le sentier que je choisi, Saddle Trail, est un peu moins escarpé, mais je dois me méfier car les roches étant plus petites, certaines sont instables et roulent sous mes pieds. La vue est toujours aussi belle, mais les crampes toujours aussi présentes. Tout doucement je descends, tentant de ne pas me péter la gueule, mais en essayant de soutenir un rythme adéquat car je dois retourner à la maison après cette montée. Oui, vous avez bien lu. J’ai comme projet de retourner à la maison, soit à environ 7h de route.

 Ici, je sens le jugement à travers votre écran…Mais bon. De toute façon je n’ai pas de place pour camper, pas de chambre d’hôtel et je me dis que ce ne sera pas si pire…

Je vous épargne ma lente agonie lors de la descente pendant laquelle mon corps m’a fait comprendre qu’il était tanné. Je navigue dans des eaux troubles où se mêlent la douleur, la fatigue, la déception de n’avoir pas réussi le Knife Edge mais aussi la fierté d’être monté en haut et la plénitude d’avoir pris du temps pour moi. Drôle de mélange.

Il est 18h41 lorsque je signe la feuille que j’avais remplie au départ. Le trajet complet m’a pris environ 11h50. En tout et pour tout, j’ai bu environ 3 litres d’eau, et mangé 2 barres énergétique accompagné d’une poignée de noix qui me collait dans la bouche tellement j’avais la yeule sèche.

J’ai réussi! Il ne me reste plus qu’à retourner à la maison…

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Je vous fais la 2ème partie plus rapide, mais je me dois de vous la raconter.

Je quitte le camping et roule vers la ville de Millinocket, petite ville à 30 minutes de la montagne. Il est 19h30. Mon projet est de manger un peu, tracer mon itinéraire et repartir. Je stoppe dans un stationnement pour fouiller un peu les restos sur mon GPS quand une MÉGAAAAA crampe m’empêche de plier la jambe. Je vais retourner dans cet état à la maison? En plus de la fatigue? Pas raisonnable.

Je fouille donc sur un site pour trouver la moins chère de toute les chambres de motel possible à proximité. Tadam! Je trouve une chambre que je réserve au chic Pamola Motel. 140$ canadien! Une aubaine!

            J’arrive dans le stationnement et il n’y a aucune voiture. J’entre dans le lobby et une affiche écrite à la main dit : Pour parler à la personne responsable, appeler à ce numéro, ce que je fais. La dame qui me répond, surprise d’avoir un appel, me demande ce que je veux. Je lui explique que j’ai réservé via une plateforme et que j’aimerais bien avoir accès à la chambre. Elle me répond (croyez-le ou non) qu’elle ne se déplacera pas, mais que je n’ai qu’à prendre la chambre 232. La porte n’est pas barrée et la clé se trouve sur le lit. Hé ben!

Je vais à la chambre 232. Les lumières du corridor s’allument au fur et à mesure que j’avance. Pour ceux qui ont vu le film Shining de Stephen King, c’est ainsi que je me sens. La porte est bel et bien débarrée et la clé sur le lit. J’aurais voulu inventer cette histoire et je n’y aurais pensé. Je viens pour rebarré derrière moi et réalise qu’un des 2 loquets, soit le plus gros, ne barre pas. J’ai donc trouvé un moyen de fortune pour barrer ma porte et passer une nuit pas si pire. 



 Mise à part une personne qui a fait craquer le plancher devant ma porte à 4h du matin, tout a bien été. Ps, encore une fois je vous jure que n’invente rien !!!       

Lendemain matin, un déjeuner au Mc Do, un café et on part.

            J’arrive aux douanes canadiennes à Jackman. Le sympathique douanier me pose les questions d’usage. Il me demande ce qui s’est passé car il y une anomalie dans mon dossier. Je lui explique la saga de la douane en terre battue. Je suis fatigué, j’ai la barbe longue et j’ai un peu de cernes sous les yeux. Il me dit qu’il va garder mon passeport pour vérifier et me demande de me stationner sur le côté. Hé oui, le voyage se termine par une fouille en règle aux douanes. J’ai d’ailleurs avisé les douaniers que la seule chose qu’ils allaient trouver, ce sont des vêtements mouillés et qui puent dans la valise. Ces gens font leur travail, sont respectueux, mais j’avoues avoir eu un petit sourire intérieur lorsqu’il a soulevé mon gilet à manche longue en coton du bout des doigts…

 

En conclusion, je ne sais encore pas si je vais mettre un crochet à coté du Mont Katahdin dans ma bucket List. Mais une chose est certaine, je voulais de l’aventure, je voulais du temps pour moi et bien j’en ai eu!

J’espère que vous avez eu autant de plaisir à lire ce texte que j’en ai eu à faire cette aventure…Ouin…je n’ai peut-être pas eu tant de plaisir 😉 mais ça fait une bonne histoire à raconter! Et n’oubliez pas une chose, tout est vrai et je n’ai rien exagéré!




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